Diana, 10 ans + 1 après… bientôt

Il y a presque un an, c’était le dixième anniversaire…

Le jeudi 30 août 2007

Extrait de cyberpresse

 

L’hommage à Diana sert de «repère», selon un psycho-anthropologue

«La flamme est un objet qui est devenu sujet et, parce qu'il est impersonnel, il a pu prendre Diana en charge, ou Diana a pris en charge le monument pour le sublimer, ça dépend comment on regarde les choses», juge le psychologue-anthropologue français Guy Lesoeurs. (Photo Reuters)
 

«La flamme est un objet qui est devenu sujet et, parce qu’il est impersonnel, il a pu prendre Diana en charge, ou Diana a pris en charge le monument pour le sublimer, ça dépend comment on regarde les choses», juge le psychologue-anthropologue français Guy Lesoeurs.
Photo Reuters

Agence France-Presse

Paris

À travers l’hommage rendu à Diana, le public satisfait son côté «narcissique» et trouve des «repères», juge Guy Lesoeurs, psychologue-anthropologue qui a rédigé un mémoire sur le «pèlerinage» sur le lieu de l’accident de la princesse disparue à Paris.

Question : Pourquoi ce flot continu de gens sur les lieux de l’accident de Diana, dix ans après sa mort?

R : «Ce pèlerinage répond au besoin de trouver des repères. Le monde est fou, difficile, tout est compliqué, incompréhensible et donc, de temps en temps, il y a des lumières qu’on se fait qui permettent d’éclairer le chemin. Les gens prennent les repères qu’ils peuvent, des stars du cinéma ou de la musique mais aussi des gens qu’ils vont fabriquer à leur image, c’est très narcissique.

À travers cet hommage, on se projette sa propre image de personne qui a cru à un moment donné aux fées, aux princesses et tout d’un coup, la citrouille, le carrosse se tape contre un pilier. Le pseudo prince charmant c’est nous. À partir de là, on imagine que c’est presque une sainte. C’est une religiosité tout à fait normale.

La flamme est un objet qui est devenu sujet et, parce qu’il est impersonnel, il a pu prendre Diana en charge, ou Diana a pris en charge le monument pour le sublimer, ça dépend comment on regarde les choses».

Q : Mais que représente-t-elle dans l’imaginaire du public?

R : «C’est un pèlerinage touristique mais surtout transculturel. Les gens viennent du monde entier et toutes les professions et tous les pays sont représentés. Ils viennent tous pour la même raison au même endroit avec la même intention et marquent leur passage ou prennent une trace de la même façon qu’ils soient catholique, musulman, shintoïste, qu’ils soient Néo-Zélandais ou Polonais.

On peut les appeler des touristes mais je pense que cela va beaucoup plus loin car il y a un rituel par la photo prise, le dépôt de fleurs, des ex-voto et des images que l’on laisse comme des icônes de Diana et les graffitis».

Q : pensez-vous que le phénomène va perdurer?

R : «Diana se range dans plusieurs catégories : celle des gens morts jeunes, celle de ceux qui ont fait du bien, elle a fait de l’humanitaire, c’est une princesse, elle a plusieurs chapeaux, et chacun en a une vue différente. Elle a une pluralité et un aspect universel qui va perdurer. Elle est devenue universelle, elle est inscrite dans la mémoire collective.

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