Archive pour mars 2009

Jeux de mots… esprit scanneur

Lundi 23 mars 2009

Equateur

Chaman d'Equateur en transformation, Jama Coaque, collection de l'auteur

 

 

 Lisez sans problème le texte suivant :

Sleon une édtue de l’Uvinertisé de Cmabrigde, l’odrre des ltteers dnas un mto n’a pas d’ipmrotncae, la suele coshe qui cmotpe est que la pmeirère et la drenèire soenit à la bnnoe pclae. Le rsete peut êrte dnas un dsérorde ttoal et vuos puoevz tujoruos lrie snas porlbèlme. C’est prace que le creaveu hmauin ne lit pas chuaqe ltetre elle-mmêe, mias le mot cmome un tuot.

 » Exercice « créabral » cité par Michel Le Chevallier [lechevallier@anxa.com].

Cela est bien surprenant!  En tout cas, il ne faut pas essayer de le lire phonétiquement car cela ne signifie plus rien. C’est de la mémoire visuelle qui fait que le cerveau scanne le texte et replace les lettres dans l’ordre.

La limite est dans le mélange des lettres, mais point trop n’en faut !

« sonall supl nilo !  » est carrèment incompréhensible (allons plus loin !).

Essayons de man hier phone et tic

En fête, sais deux la place-ti-citez serrée bras le.

Rang plasson hein mot par un otre de m’aime consonance ou nappe roche chante, met qui ne soit que l’eau gicle que dent leçon . Maintenon es-sabayon de fer beau cou + loup phoque en intrecamanlant dais si lab en +

Cela est beaucoup plus difficile, car il faut que le cerveau passe au dessus ou à travers la signification première pour trouver le son correspondant et se représenter le mot caché derrière le son.

Le cerveau est quand même une sacrée machine car il est ainsi fait qu’il arrive à décoder et à reconstituer des phrases sans queue ni tête de prime abord.

Donner un sens à toute chose. Voilà une bonne sagesse.

Est-ce que l’esprit ne passe pas son temps à combler les lacunes, les non-dits ou à redresser les dits-de-travers du récit de l’autre.

Bien à vous

Bonnes pratiques de management

Dimanche 22 mars 2009
Alain Rusterholtz est une personne que j’ai eu grand plaisir à faire travailler lors de ma vie professionnelle dans les laboratoires pharmaceutiques. Alain Rusterholtz est pharmacien, consultant et enseignant dans diverses Ecoles et Facultés. Alain connaît bien tous les rouages et les ficelles de l’industrie pharmaceutique. A ce titre, il était le mieux placé pour écrire cet important ouvrage de synthèse sur le management non seulement indispensable aux cadres débutants mais plein de ressources pour les « confirmés ».
D’ailleurs, de nombreux chapitres s’adressent de manière généraliste à des managers d’autres métiers.
 
« Bonnes Pratiques de management applicables à l’industrie pharmaceutique »sort le 10 avril prochain. Il est publié par l’Editeur « la Blouse Blanche » au prix de 90 €.
Vous trouverez en cliquant sur leaflet-bpm le document de présentation.
Bonne lecture

Le frère venu d’ailleurs…

Samedi 14 mars 2009

Le Dr Taïeb Ferradji est un ami cher. C’est un humaniste dans tous les sens du terme. Docteur en Sciences Humaines, médecin, psychiatre, écrivain, spécialiste de la clinique transculturelle, il est aussi et surtout une personne de proximité par son sourire et cette faculté rare de poser son regard sans juger.

J’ai la grande chance de cheminer à ses côtés. Nous avons réalisé, ensemble, un film de formation destiné aux coordinateurs hospitaliers de prélèvments d’organes et de tissus sur l’approche tranculturelle. Nous avons appelé notre film Le frère venu d’ailleurs…approche transculturelle du don d’organes.

Je n’ai pas trouvé de meilleur titre pour cet article qui présente l’ouvrage de Taïeb Ferradji, Ces exils que je soigne qui vient de paraître et qu’il signera au salon du Livre.

Ouvrage de Taïeb Ferradji

 

ces-exils-que-je-soigne

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces exils que je soigne

La migration d’un enfant de Kabylie

 

Début des années 1970 dans un village de Haute Kabylie en Algérie. Un enfant de dix ans à peine sert d’écrivain public aux femmmes et aux hommes qui veulent correspondre avec les leurs partis travailler en France. Taïeb Ferradji est l’un des rares villageois à savoir lire et écrire…

Quarante ans plus tard, à l’hôpital Avicenne de Bobigny, le villageois kabyle devenu kabyle devenu psychiatre écoute la parole des migrants et leurs familles venus de la planète entière. Ils ont en commun d’avoir cru au rêve doré d’un nouveau pays et d’avoir vécu la souffrance de l’arrachement à la terre natale. Dans un récit tendre et parfois tragique, un médecin livre son parcours de migrant. Une trajectoire bousculée par les soubresauts de l’histoire algérienne. Une histoire simple et bouleversante qui met des mots sur les blessures de tout exil pour apaiser le passé et oser exister.

Mardi 10 mars 2009

En mon for(t) intérieur…

RUINES DANS LE VILLAGEun monde de ressources…(suite)

…Il y a la quantité, il y a la qualité, la profondeur et le temps des choses…

Garder la trace

Il y a le rêve au passé c’est à dire les choses dont on se souvient et qui ne seront plus du tout comme elles étaient, c’est leur souvenir, leur ligne imaginée déposée en filigrane sur la feuille blanche en écho au présent. Le passé est le temps de l’imparfait car il lui manquait bien toujours quelque chose.

Il y a le rêve au futur, le seul vrai rêve car il n’existe pas encore. Lui aussi mérite qu’on en garde l’empreinte de l’idée… pour en faire quelque chose.

Existe-t-il un présent ? On peut seulement parler d’une petite portion de temps, ni tout à fait passée ni tout à fait future, que l’on appelle l’ici et le maintenant.

Pour un malade à l’hôpital, c’est la situation dans son lit, regardant par la fenêtre Paris la Belle en l’an 1999, une semaine avant l’an 2.000. Ce sont ses pensées immédiates déjà envolées du passé vers le futur, en esquivant le présent qui l’ennuie. Qu’il se projette dans l’avenir, et il n’est plus dans les draps chiffonnés, attendant le plateau repas, les soins ou une visite. Il est chez lui, sur le pas de la porte, rappelant son chien qui aboie dans la cour. « Il fait bon chez nous, c’est la veille de Noël. Je suis chez moi…chez moi».

Flash back ! Rêve-nu de son voyage dans le futur, il se réinstalle dans son lit, ici et maintenant, néanmoins plus tout à fait le même après ce voyage. Car il a entrebaîllé la porte et son rêve va devenir réalité, dès maintenant. Il ne s’agit pas de s’habiller et de partir. Il s’agit de guérir au plus vite, de trouver en soi des ressources pour que son rêve s’exauce. Etre premier de sa classe ou sortir plus vite de son lit, puis de sa chambre, puis de l’hôpital signifie beaucoup…d’efforts mentaux.

Le « for(t) intérieur »

Heureusement, la moindre pensée positive, le plus petit effort nous fait changer de sens. Autrement dit, tout ce que l’on pense et met en œuvre a des conséquences dans le temps. C’est notre pouvoir sur les choses. La perception de soi par les autres et par soi-même en est changée ; cela met en marche des forces dans son « for(t) intérieur » (selon Larousse, en mon for intérieur signifie au plus profond de ma conscience) et modifie notre façon de voir les choses. En fait, au delà de l’aide que peuvent apporter les autres, on reste seul avec soi-même et le seul monde sur lequel on peut s’appuyer pour faire quelque chose de soi-même est son monde intérieur.

Encore faut-il se donner la peine de l’explorer et de l’exploiter. Le repos forcé est, dans ce sens, un aspect positif du séjour à l’hôpital, pour qui sait s’en servir et qui reste, malgré l’adversité passagère ou coutumière, fort à l’intérieur.