Archive pour la catégorie ‘Authentitude’

Jehanne m’a brûler

Jeudi 5 janvier 2012


Jeanne libérant Orléans. Vitrail Eglise St Sulpice de Fougères

Vitrail St Sulpice de Fougères

Jehanne m’a brûler

Psychanalyse (du mythe) de Jehanne d’arc

par Guy Lesoeurs (ouvrage en cours d’écriture)

Pour introduire cet essai…

La fièvre « arcienne » : une actualité brûlante

6 Janvier2012, la France se rapetisse et se tapit au fond de son terrier tandis que la bataille élective s’enfle. A défaut de cent ans, ce sera une guerre de cent jours. Les uns écument les routes, d’autres ratissent les ondes tandis que l’Anglois, dé-livré (£££), n’a pas payé la rançon et déserté la terre européenne, comme à l’accoutumée.

Les preux écuyers viennent défendre leurs prétendants au trône. De Bourgogne, Normandie, de Bretagne, de Champagne, de Nice ou de …l’Intérieur, les chevaliers non teutoniques mais tétant aux mamelles de la bonne mère patrie, se querellent pour un mot malheureux, un sale-à–malec, sac à malices, disons un sarcasme tisonnant dans l’âtre. Et le feu de la haine simulée est stimulé par les disciples d’ENA, de Polytechnie ou des Pontifes déchaussés, nos grands prêtres laïques et suppôts du savoir.

Le président sortant (et peut être rentrant) se recueille à Domrémy pour célébrer l’anniversaire de la Pucelle tandis que les autres prétendants, parfaites ex-vierges effarouchées ou chevaux de retour aux naseaux écumants enragés par tant d’audace, crient « au loup » à l’unisson. Mais Nicolas dans l’entre-deux, détenteur de la chose publique, n’est pas le seul pèlerin, qu’on se le dise ! Le mythe de Jehanne est un gâteau juteux et bien tentant surtout quand il permet d’exacerber le sentiment communautaire et de symboliser le repli dans le sein chéri maternel. Regroupons-nous et demain…

Des loups, il y en a partout et beaucoup en Lorraine en ce 6 Janvier 1412. Le royaume de France est exsangue et réduit à la portion qu’on gruge (je sais : on dit congrue!). L’Anglois et le Bourguignon s’empoignent le goulot avec les Armagnacs. C’est la guerre de cent ans. Les routiers et les égorgeurs de tout bord attaquent les paysans et pillent les églises. En ces temps de meurtres, de complots et de ruines, la France semble abandonnée de Dieu et les Français sont comme des veaux allant à l’abattoir. Voire ! car en ce jour de frimas, à Domrémy, naît la paysanne qui va sauver la France, pas encore mère des armes, des arts et des lois chantée par le poète Du Bellay.

« Va, Jeanne, va, je crois en toi. Va et advienne que pourra » Robert de Baudricourt se serait adressé à la Pucelle-guerrière en 1429 ! Prémonitoire.

Va-t-on encore demander à la pucelle fileuse de laine de repérer entre tous celui ou celle qui conduira la mère–patrie au milieu de cette basse-cour piaillante et à l’haleine quelque peu nauséabonde qui croque sur le dos des manants en compagnie des prêteurs sur gage, triplant leurs cotations et leurs bénéfices ?

Voilà pour l’affaire Jehanne d’Arc qui s’est renouvelé de siècle en siècle avec une fièvre « arcienne » aux moments où les hommes et femmes politiques recherchaient des parangons de vertu de Jaurès à Mitterrand en passant par Pétain, De Gaulle, Royal et Le Pen jusqu’à ses nouveaux prétendants au royaume de France qui, de nos jours, requièrent la caution de la Pucelle, de la Gauche à la Droite, afin de gratouiller les archétypes inconscients des électeurs.

Ce jour du 6 janvier, avec ce billet d’humeur et d’actualité, j’inaugure la première page de : « Jeanne m’a brûler. Psychanalyse (du mythe) de Jehanne d’arc . Ainsi je revendique la paternité du titre de cette série de chapitres qui seront rassemblés dans un ouvrage que je compte publier, in fine. Assurément, Jehanne et son mythe vont me faire bûcher !

Je vais tenter de démontrer que la pucelle, à travers le temps et le mythe, est l’incarnation du repli communautaire et de la renarcissisation d’une élite et d’un peuple.

Guy Lesoeurs

Psychanalyste

Jehanne. Collage de GLartis, 2012

Jehanne. Collage de GLartis, 2012

Cadenas d’amour…

Jeudi 24 novembre 2011


Lovelock sur le Pont des Arts

Se promener dans Paris , dans la douceur de cet automne… si tendre et si propice à la poésie du coeur.

Arrêt sur le Pont des Arts et les cadenas d’amour ou lovelocks…

Des cœurs gravés sur l’écorce des arbres, percés de la flèche de Cupidon quoi de plus désuet dans la tradition amoureuse ! Il ya mieux et en tout cas beaucoup plus kitch. Le lovelock ou cadenas d’amour qui fait le tour du monde.

Le nouveau rite amoureux du cadenas (lovelock) est bien parti que ce soit à Moscou, à Paris ou à Rome. Un documentaire (A love Lockumentary) va lui être consacré.

Un simple cadenas gravé ou peint que le couple accroche à un grillage du Pont des Arts pour enfermer et cadenasser sa promesse d’amour éternel. Pourquoi un  pont ? Pour jeter la clé dans le fleuve afin de ne plus revenir sur sa promesse. Il se peut aussi que l’un et l’autre emporte la clé. Jusqu’au jour de la déliaison improbable où l’un des deux protagonistes, le cœur gros, viendra ouvrir le cadenas, se libérer du lien et jeter dans la Seine, le Tibre ou la Moscova le sceau romantique devenu inutile.

Allez, sortez de votre bulle, extériorisez votre amour  ! Allez sur le Pont des Arts qui est ceinturé par les cadenas de chaque côté du parapet. Cadenas simple ou sophistiqué, cadenas de vélo, cadenas à combinaison, Noémie/Jacques juin 2001 etc. Des familles entières se retrouvent en chapelet. Des grappes multiples et multicolores de cadenas comme autant d’arbres métalliques sur le pont Luzhkov à Moscou

Naturellement il ne manque rien pas même les malfaisants, ceux qui en pince-monseigneur et avec d’autres ustensiles coupants viennent  cisailler et détruire ces petites marques innocentes d’amour pur qui ne font de mal à personne…qu’à eux.

Il faut qu’un amour soit ouvert avant d’être fermé dans son univers. Le syndrome du cadenas est un locked syndrome en ce sens qu’il refoule dans l’anneau d’acier la peur du vide, la peur de la perte et du manque et qu’il crée un non-retour enchaînant à la grille du pont la promesse d’amour unique et éternel. Double enchaînement des  coeurs puis du sceau métallique agrippé au pont entre deux rives avec le fleuve du temps qui coule. « Et mes amours, faut-il qu’il m’en souvienne, sous le Pont Mirabeau coule la Seine…

Si par hasard su’l Pont des Arts… les amoureux qui se bécotent sur les banc publics, un pt’it coin de Paradis… merci Georges Brassens pour ta petite fleur bleue, merci Jacques Dutronc (il est cinq heures, Paris s’éveille) qui nous sauve du béton et de l’aride regard des jean foutre qui ne respectent rien, pas même les fleurs mises en hommage à Lady Di au Pont de l’Alma… voir mon ouvrage sur www.teraedre.fr/product.php?id_product=43

A suivre  cra ce n’est pas fini.

Sarayaku…frontière de vie et clé des champs

Mardi 8 novembre 2011

Je vous parle souvent de Sarayaku, la communauté Ki’chua d’Equateur dont nous soutenons le combat.

Frontera de vida et camino de los flores.

L’émission RTBF de la « Clef des Champs » a consacré ce samedi 5 novembre un numéro spécial 11 11 11 largement consacré à Sarayaku (avec un tout nouveau reportage filmé sur place en octobre!), la Frontière de Vie, les plantations d’Arbres-de-Vie à Vielsalm et la promotion de l’exposition Sarayaku.

On peut le visualiser sur http://www.rtbf.be/tv/emission/detail_la-clef-des-champs?id=31

Un reportage de No Télé sur l’inauguration, à Pairi Daiza, d’un arbre tricentenaire désormais « consacré » au peuple de Sarayaku et son grand projet : http://www.notele.be/index.php?option=com_content&task=view&id=15926&Itemid=31

Ces émissions resteront visibles quelques jours sur les sites de ces divers organismes de télévision.

AART Chapelle Sainte Anne, Arles : une expo authentique

Lundi 7 novembre 2011

Hier dimanche , pluie incessante sur Arles et sa région. C’est rare, mais c’est 100%.

Que faire? Un petit tour dans les expositions de notre Provence toute mouillée.

La Chapelle Sainte Anne est située en plein centre d’Arles (à 50 m de la Mairie, sur la belle place historique) et abrite une belle expo d’aart.  Non, je n’ai pas fait de faute. Anne Vincent la présidente d’AART nous accueille. L’entrée est gratuite, le lieu magnifique et les oeuvres d’art, peintures, sculptures sont vivantes. Anne Vincent, outre des natures mortes et des sous-bois d’automne offre au regard des nymphes et des naïades enracinées dans la terre-mère et gorgées d’eau de fontaine et de soleil radieux. Les couleurs sont vives et la main est souple. Lianes, fleurs s’animent. Abstrait, notre ami Reitmut Voigt a investi sa partie de chapelle avec une sorte de Christ gris sur fond rouge de toile de taud de bateau au milieu de ses oeuvres si particulières et interrogatives. Bénito, le surréaliste plasticien est en face et …un peu partout. Ses oeuvres sont faites de bric et broc mais hyp.: une pelle , un râteau, un seau en plastique, des baskets rouges et voilà un homme de ménage sortit tout droit d’Alice au pays de la récupération intelligente. Les boules de pétanque assemblées deviennent une fourmi à la Desnos. Rémy Vigne, le seigneur de l’acier, ne détourne pas la matière brute mais il la fait crier. Sa libellule de deux mètres (The dragonfly) en tôle savamment rouillée et patinée comme un vieux cuir arrête le regard avant que nos yeux s’enfuient vers la voûte gothique de ce lieu magique.

L’expo est ouverte tous les jours de 10h à 18h du 27 octobre au 14 novembre. Sans fioritures, une exposition de bon aloi et qui fleure bon l’authentique.

Guy Lesoeurs

Le petit chien est mort…

Mercredi 2 novembre 2011

Marcello, le petit fox d’un réalisateur de cinéma très connu est mort.

Le Paradou, Ce réalisateur y habitait encore il y a 7 ans. Il avait un fox à poils durs qu’il avait appelé Marcello en souvenir de Marcello Mastroianni. Reparti dans la capitale, le réalisateur préféra laisser son petit chien en Provence, à la garde d’une voisine. Marcello, Marcel pour les intimes, faisait partie du paysage de la Vallée des baux. Libre, il prenait pension chez Véronique la maison d’à côté de l’ancienne demeure de son  maître és cnéma. Marcel se promenait par les ruelles et les routes, très attentif à la circulation et prenait l’habitude d’accompagner …les enterrements. Tout le monde le connaissait.  Il est mort il y a quelques jours d’un cancer terminal.

Nous ne verrons plus Marcel dans les rues du Paradou ni de Maussane les Alpilles. Plus d’animal pour accompagner les défunts à leur dernière demeure. Le compagnon a lui aussi trépassé la barrière. paix à sa petit âme.

Guy Lesoeurs

LES BAUX PAR CELESTINE