Archive pour la catégorie ‘Arts et Lettres’

Les Indiens précurseurs de la psychanalyse?

Lundi 16 janvier 2012

L’attrape-rêve : les Indiens d’Amérique du Nord précurseurs de la psychanalyse ?

Attrape-rêve cheyenne circa 1900. Coll.GL

[Comme suite à ma conférence sur L’attrape-rêve, tradition et clés du songe donnée le 13 janvier 2012 à l'ATRIUM, Mairie de Saint Rémy de Provence.]

Les attrape-rêve se balancent au gré du vent dans les boutiques de souvenirs du monde entier : dream-catcher, appelé aussi piège à soucis, ou spider-web-charm (charme en forme de toile d’araignée), la plupart des touristes n’en connaissent pas l’origine et encore moins la légende. C’est un très vieil objet chargé de sens qui dans les tribus amérindiennes du Nord (Grand Lacs) protège les songes des enfants dans leurs berceaux et sert dans la quête de vision des adultes. Le cauchemar envoyé par les esprits malfaisants est arrêté dans les mailles et détruit au lever du soleil. Fixé avec une plume d’aigle dans la chevelure, l’attrape-rêve reçoit les visions des esprits afin de guider la vie quotidienne de la tribu.

Après avoir décrit les légendes, les rituels et la richesse de la symbolique amérindienne, j’ai abordé dans cette conférence les aspects psychanalytiques du rêve et notamment à la mode « occidentale ».

Moment de repos nécessaire à la vie psychique pour exprimer les désirs refoulés, le rêve est « la voie royale vers l’inconscient » (Freud). Langage riche de symboles et d’archétypes provenant de l’inconscient individuel ou collectif (Jung), le rêve permet de se délivrer de l’angoisse et sa réminiscence joue un rôle primordial dans la cure analytique.

Il apparaît, selon divers auteurs anthropologues américanistes (Densmore, Wallace) que les cultures chamaniques, notamment la culture algonquine et iroquoise, déjà au XVIIe siècle, avaient pressenti, avec beaucoup d’acuité psychologique, l’intérêt du rêve comme moyen introspectif.

La cinquantaine de participants très attentifs à ma conférence se prit aussi à réfléchir sur les rêves prémonitoires, les cauchemars (rêves d’angoisse) et sur l’inconscient collectif.

Si j’ai pu paraître un peu trop prudent aux yeux de certains et certaines sur les méthodes de lecture et les dictionnaires d’interprétation des rêves foisonnant sur Internet notamment pour tenter d’éclairer le futur, la raison est simple : il est très difficile de déduire des généralités applicables à chacun de nos rêves. Cela dépend du contexte, de l’individu et de ses croyances comme le précisaient Freud et Jung. Si la recherche du sens du rêve est un des temps forts de la cure analytique, il apparaît que les peuples premiers ont, comme bien souvent, anticipé sur nos concepts et nos pratiques psychothérapeutiques.

Les personnes intéressées retrouveront l’article que j’ai écrit en 2004 dans L’autrecliniquescultures et sociétés, 2004, vol.5, n°1, pp31-46 …Pour avoir l’article intégral que j’ai réactualisé cliquez sur ce lien et vous l’aurez en pdf :  ATTRAPE-REVE GUY LESOEURS

Guy Lesoeurs

Psychanalyste et anthropologue

Attrape-rêve et poupée indienne. Coll. GL

L'autre, Cliniques, cultures et sociétés. Les mondes de la nuit. La pensée sauvage, 2004

LE CRIME DE LA RENARDE, roman par Michèle Lajoux

Dimanche 1 janvier 2012

Le crime de la renarde, roman de Michèle Lajoux aux Editions Le Cherche Midi, 143 pages, sortie en librairie prévue le 12 janvier 2012

Après Puisque c’est la vie (2009), récit autobiographique et Le Guetteur du Midi (2011) grande fresque historique de la fin du XVIe siècle, Michèle Lajoux réussit avec le roman Le crime de la renarde un véritable coup de maître. L’historienne s’affirme comme une romancière hors pair, que l’on peut qualifier d’intimiste tant son écriture souple, directe et précise fait sortir ce qui est enfoui, bloqué, enchâssé au cœur du personnage qu’elle met en scène.

Dans sa cellule pénitentiaire où elle purge une peine de vingt cinq ans pour infanticide, Cendrine couche sa vie sur des cahiers sur les conseils de sa psy. Le lecteur prend, comme une douche incessante, le flot de cette langue venue de l’inconscient et qui progresse à coups d’association d’idées et sans émotion de la prisonnière. Mais le lecteur est loin d’être noyé, il est emporté par les mots.

Les mots. Enfin adulte, Cendrine joue avec l’écriture des mots qu’enfant elle n’a jamais su maîtriser comme d’ailleurs sa vie. « Je sentais comme un vertige devant les mots, ils étaient trop nombreux, je ne savais jamais lesquels choisir. Quand j’étais enfant, ils voletaient au dessus de ma tête, comme des papillons que je ne réussissais pas à saisir».

Dans sa cellule, Cendrine fait « de jolies phrases, tout doucement sans me presser pour ne pas casser le fil. […] les souvenirs sont des fils d’araignée, si on tire trop fort ils cassent mais ensuite on en retrouve des bouts collés partout, emberlificotés dans les méandres des galeries du cerveau».

Lire le reste de cet article »

R-R. VOIGT belle âme, bel art!

Mercredi 16 novembre 2011

Reimut-Rüdiger VOIGT expose du lundi 21 novembre au samedi 3 décembre 2011-11-16 au Centre de Développement Culturel, 13 Saint Martin de Crau.Vernissage à partir de 18h30 le mardi 22 novembre

Reimut-Rüdiger VOIGT est né à Hagen (Allemagne de l’Ouest). Il a grandi entouré d’artistes et d’oeuvres d’art. Son grand oncle, Fritz Mackensen (1866-1953),  était un peintre reconnu dont l’art a été qualifié de dénaturé par les nazis.

Fritz Mackensen, peintre de paysages, fonda  avec Moderson, Paula Becker, Vogeler une colonie de peintres dans le petit village de Worspswede, comparable à notre village de Barbizon.

Reitmut aurait pu se lancer, jeune, dans la carrière de peintre mais, sans doute par modestie à l’égard de son grand-oncle, il préféra le droit et la justice, puisqu’il fut Juge des Mineurs en Cours d’Assises à Hannover. Cependant, il restait attaché à l’art en collectionnant les oeuvres et en ouvrant une galerie d’art dans cette même ville.

Il a alors commencé à peindre lui-même…

En 1999, retraité, il a choisi Arles et sa lumière. Dans le jardin de sa maison, il travaille sans arrêt et produit des tableaux, reflets de l’âme (Margrit Voigt, son épouse, est psychanalyste…).

Définir son art et sa manière est difficile. Il faut juger sur pièces son talent peu ordinaire. Essayons …à nos risques et périls, sans comparer, juste pour situer, car ses tableaux surprennent.

Abstrait certainement : il y a un peu de Klee en lui. Reimut-Rüdiger Voigt est de sensibilité expressionniste. On pense à Adolph Gottlieb (1903-1974) et sa série éclatements, Clyford Still ( 1904-1981) ou encore Hans Hofman (1880-1966).

Avec ses plans circulaires et verticaux, ses symboles, à moins que ce ne soit une toute nouvelle calligraphie, intuitive. Il fusionne ciel et terre, suspend le temps et la couleur. L’inconscient est à l’œuvre.

Reitmut a exposé régulièrement à Es’cale au Paradou. Il vient d’exposer à la Chapelle Sainte Anne d’Arles en compagnie de AART.

Ses toiles, hautes en couleurs et qui ne laissent pas indifférent, sont encore abordables…

A très bientôt, en compagnie de l’artiste.

Guy Lesoeurs

Président de Cerveaux Sans Frontières

Animateur du Groupe Es’cale

www.glartis.com

www.cerveaux.org

AART Chapelle Sainte Anne, Arles : une expo authentique

Lundi 7 novembre 2011

Hier dimanche , pluie incessante sur Arles et sa région. C’est rare, mais c’est 100%.

Que faire? Un petit tour dans les expositions de notre Provence toute mouillée.

La Chapelle Sainte Anne est située en plein centre d’Arles (à 50 m de la Mairie, sur la belle place historique) et abrite une belle expo d’aart.  Non, je n’ai pas fait de faute. Anne Vincent la présidente d’AART nous accueille. L’entrée est gratuite, le lieu magnifique et les oeuvres d’art, peintures, sculptures sont vivantes. Anne Vincent, outre des natures mortes et des sous-bois d’automne offre au regard des nymphes et des naïades enracinées dans la terre-mère et gorgées d’eau de fontaine et de soleil radieux. Les couleurs sont vives et la main est souple. Lianes, fleurs s’animent. Abstrait, notre ami Reitmut Voigt a investi sa partie de chapelle avec une sorte de Christ gris sur fond rouge de toile de taud de bateau au milieu de ses oeuvres si particulières et interrogatives. Bénito, le surréaliste plasticien est en face et …un peu partout. Ses oeuvres sont faites de bric et broc mais hyp.: une pelle , un râteau, un seau en plastique, des baskets rouges et voilà un homme de ménage sortit tout droit d’Alice au pays de la récupération intelligente. Les boules de pétanque assemblées deviennent une fourmi à la Desnos. Rémy Vigne, le seigneur de l’acier, ne détourne pas la matière brute mais il la fait crier. Sa libellule de deux mètres (The dragonfly) en tôle savamment rouillée et patinée comme un vieux cuir arrête le regard avant que nos yeux s’enfuient vers la voûte gothique de ce lieu magique.

L’expo est ouverte tous les jours de 10h à 18h du 27 octobre au 14 novembre. Sans fioritures, une exposition de bon aloi et qui fleure bon l’authentique.

Guy Lesoeurs

Frasq n°3 au Générateur, la rencontre de la performance

Mercredi 14 septembre 2011
Photo par Sarah Venturi

Photo Sarah Venturi

« Art vivant en perpétuel mouvement et mutation, insaisissable, ne cessant d’évoluer, la performance… »

Ainsi commence la présentation par Anne Dreyfus de la troisième édition de [frasq] au Générateur (Gentilly). Elle ajoute : « une caractéristique [de la performance] reste stable: son incompatibilité à s’intégrer à une système marchand. Cause ou conséquence, la performance reste ainsi un vivier précieux  de nouveaux modèles de pensées et d’actions.  » Organisatrice et animatrice [avec son époux Bernard Bousquet photographe, artiste conceptuel et plasticien] de cette troisième édition prometteuse, Anne Dreyfus (cf sa photo sur otoradio ), vous attend avec plus de trente artistes individuels ou collectifs dans son lieu magique, Le Générateur, ancien cinéma des années 30 du 1 au 30 octobre 2011.

Sarah Venturi, [je crois que c'est elle qui aime se rouler dans la farine], a créé cette sublime photo pour [frasq] : pour moi elle est très évocatrice de la création mais aussi de la transgression. Léda et le cygne, ou bien El condor pas ça!, ou encore le perroquet ou  l’aigle copulateur et bien sûr la sphinge qui gobe l’œuf deep (merci Freud et Lacan papes des mots d’esprit, fumerolles de l’inconscient) , je pourrais continuer à loisir dans l’association d’idées (au nom du père hocquet):  en tout cas l’image interpelle elle est belle et troublante. Un petit dernier pour la route : Per hoc-quieto signo vinces. Par ce signe calme, tu vaincras.

RV au frasq…..allez y de ma part

Guy Lesoeurs