Archive pour la catégorie ‘Authentitude’

Merci Philippe Grimbert…

Lundi 23 avril 2012

Je viens de lire l’excellent livre de Philippe Grimbert qui vient de paraître chez Grasset « Avec Freud au quotidien ». Une mise au point de bon sens ou comment la psychanalyse peut elle nous aider dans notre vie. Mise en parallèle avec le dossier du Nouvel OBS.

« Feu sur la psychanalyse », le très récent dossier intitulé du Nouvel OBS et le forum de discussion qui a suivi sur la Toile nous indique que la psychanalyse et les psychanalystes, sans le vouloir, sont encore capables de faire vendre du papier à défaut d’augmenter le nombre de leurs analysants.

On peut se demander ce que les psychanalystes sont allés faire dans la galère du « dogme –autisme ». La question est venue à la faveur (sic) de la position de l’H.A.S. Le débat masque en fait tout autre chose. Il est de mode qu’à chaque mention d’une pathologie psychique quelle qu’elle soit, les médias réactivent le vieux combat, psychanalyse, psychothérapie, TCC, psychiatrie, pharmacologie, neurones, etc. comme si le feu couvait et se ravivait .

C’est une forme de catharsis ou mieux d’exorcisme continuel que les écrivains de toute plume, phi ou psy accompagnés dans leur croisade par les chroniqueurs manipulent et nous livrent en pâture. Cette manne est régulièrement ré-ensémencée par les fantasmes de bonne conscience hypocrite d’éclairage d’un public (intellectuel) prompt à s’enflammer. Ainsi le titre du dossier « feu sur la psychanalyse » en dit long (feu) sur la partie engagée.

Comme si le déni de l’inconscient par ses détracteurs les soulageait de l’angoisse de ne pouvoir pénétrer dans ce monde qu’ils ont présent, passé et futur au plus profond d’eux-mêmes. Comme un remède contre le vertige abyssal de leur objet manquant ou le vestige primordial de leur sein maternel dont ils nient l’influence.

A chaque tour de manège, la psychanalyse semble y perdre quelques plumes mais comme un phénix…

Encore une fois, c’est la dichotomie, le clivage, l’opposition orchestrée entre les TCC ou thérapies « coco » (pour cognitivisme et comportementalisme) et la cure psychanalytique, entre le travail en surface, plutôt symptomatique et en tout cas bref et celui de la recherche en profondeur, celle de l’archéologie de l’inconscient. De la pelure d’oignon ou du Moi-peau (Didier Anzieu), préfère-t-on l’ablation et le décapage de la première couche – laquelle  cicatrise sans doute mais avec bourrelets et adhérences- et qui, souvent, laisse à vif la peau psychique sous la pommade anesthésiante du reconditionnement ou bien la plongée sans bouteille mais bien accompagné, au risque de retrouver un sens oublié.

Mais foin de discussion, avant que le feu contagieux ne prenne pour soit–disant (soi-disant) purifier les concepts et lever l’angoisse du vide ….

Le livre de Philippe Grimbert, psychanalyste, plein d’usage et raison, permet de réfléchir de manière saine à la psychanalyse, de souligner son intérêt et de la positionner encore une fois à sa place. Intitulé « Avec Freud au quotidien » (Editions Grasset, 2012) le contenu de cet ouvrage définit très exactement et d’emblée l’objectif et la pratique analytique, comme Philippe Grimbert l’exprime dans ses premières phrases.

Extraits :

« Longtemps je me suis allongé de bonne heure…sur le divan de mon psychanalyste. … j’y ai revisité mon histoire, convoqué le plus intime de moi-même à travers mes actes manqués, mes dérapages ou mes ratés et compris quelle motivations inconscientes dirigeaient ma destinée, plus sûrement que ma volonté, plus sûrement encore que ma conscience. Ainsi je me suis peu à peu affranchi des inhibitions, de la culpabilité dont j’ai hérité, de ces empêchements, de ce qui nous tient et nous mène …parfois à notre perte ».

Philippe Grimbert poursuit sur le délicat de « guérir ou pas guérir, c’est bien la question » : « Si guérison veut dire, comme dans le discours médical, éradication des symptômes, je ne suis pas sorti guéri de c e voyage mais, bien mieux, j’ai appris à faire avec mes failles et à transformer mes faiblesses en force, en créativité ».

La créativité, voilà le mot qui en dit long et c’est, pour moi, le foyer incandescent de la psychanalyse : se créer pour advenir au monde en tant que sujet. Merci Philippe Grimbert.

A suivre…

Guy Lesoeurs

Psychanalyste, Master²psychologie

Avec Freud au quotidien

Le diable est dans les détails même s’il s’habille en Prada… A propos de l’orthographe dans les mails et courriers

Mercredi 18 avril 2012


Il ait des circonstences où les fautes n’incitent pas à la lecture et cette négligence peut avoir des conséquences négatives, quand en est en compétition pour un poste de cadre.

Scène 1

Imaginez seulement que vous venez d’acheter un roman à la gare TGV d’Avignon et que vous commencez à le lire dans le TGV, bien calé dans votre fauteuil.

Enfin, vous savourez ce moment libre, dans votre vie trépidente. Interloqué, vous revenez sur le mot « trépidente » et vous pensez : mais, il ya une faute, c’est un « a » qu’il faut !

Bon, cela peut arriver, une fois puis vous pensez : j’espère qu’il n’y en aura pas d’autre.

Pris par l’auteur qui vous conduit mot après mot dans l’action, vous semblez avoir oublié la faute véniel. Vous arrêtez votre lecture, derechef. Encore une faute, d’accord cette fois ! Vénielle car c’est la faute et faute est du féminin que je sache.

Vous commencez à vous énerver contre le correcteur de la maison d’édition qui n’a pas fait son travail. Et puis vous vous dites que l’auteur aurait dû se relire. On paye assez cher les livres. D’un coup de crayon rageur vous corrigez les deux fautes.

Scène 2

Imaginez maintenant que vous lisez la lettre de motivation qui accompagne le CV d’un candidat pour un poste à responsabilité dans votre société.  Cela a l’air clair et bien écrit, en tout cas bien poli. Mais dès la première phrase, ce type ne sait pas la différence entre le participe passé et l’infinitif. « Omar m’a tuer » a encore frappé, le pauvre innocent ! Mais l’époque actuelle et le street-art, Internet et les borborygmes adulescents ne constituent pas une excuse, ce, d’autant que la faute se répète presque à chaque phrase. Vous vous mettez à douter des compétences du candidat et de fil en aiguille vous le positionnez, au mieux, dans la pile des « rattrapables ».

Vous me direz :  retenir le critère de l’orthographe, quelle régression, grand père, mais l’Ecole de la République à bien changée (sic)! Depuis 1981 et les radios libres, depuis twitter, les portables, on n’a plus le droit d’interdire les fautes, aujourd’hui il faut être fonétic. L’habit ne fait pas le moine. Cela ne veut rien dire.  Il y a d’autres critères beaucoup plus importants etc. et vous aurez sans doute toutes vos raisons.

Néanmoins, c’est une question de respect pour le lecteur et, en tout cas, des règles de la grammaire française. Un cadre doit commencer par savoir faire le basique et respecter les règles. Et quand bien même il serait piètre écrivain, qu’il prenne au moins la peine de faire relire sa prose. Le diable est dans les détails même s’il habille son CV du meilleur look…en Prada ou Chanel, coco !

Guy Lesoeurs

Hypnose et choucroute

Lundi 19 mars 2012

16 mars , dans la rubrique I.deals de LaProvence, une juxtaposition insolite…

HYpnose et choucroute

Une promotion pour une séance d’Hypnose ericksonnienne, la meilleure, l’originale € à 30 € au lieu de 60 € et en regard une promotion pour une portion de choucroute d’Alsace à 6, 75 au lieu de 11, 75 €.  Je ne dirais pas le nom de l’hypnothérapeute certifiée ni celui de la marque de choucroute.

La mise en face de ces deux promos m’a fait penser à ce film comique « liberté , égalité, choucroute » (1985) du très regretté Jean Yanne avec Poiret, Serrault et Ursula Andress, parodie de la Révolution Française. Cette chaîne de signifiants mise à part, le hasard fait encore bien les choses, pour ceux qui savent regarder.

L’hypnose (que je ne pratique pas) est certainement un bon moyen de combattre ses angoisses et son stress, momentanément. Monsieur Coué à son heure connaissait l »art de la suggestion et notre bon maître Freud s’en est servi abondamment du moins au début.

Mais la choucroute n’est elle pas une autre approche arrosée d’une bonne bière? Un peu d’endormissement dû à la digestion et pof envolée l’angoisse et le stress.

Chacun est libre de choisir entre psychothérapie et bonne chère.  dit- il hypnotisé par une grande saucisse qui passait par là.

Guy Lesoeurs

Liberté, égalité, choucroute

Jehanne m’a brûler

Jeudi 5 janvier 2012


Jeanne libérant Orléans. Vitrail Eglise St Sulpice de Fougères

Vitrail St Sulpice de Fougères

Jehanne m’a brûler

Psychanalyse (du mythe) de Jehanne d’arc

par Guy Lesoeurs (ouvrage en cours d’écriture)

Pour introduire cet essai…

La fièvre « arcienne » : une actualité brûlante

6 Janvier2012, la France se rapetisse et se tapit au fond de son terrier tandis que la bataille élective s’enfle. A défaut de cent ans, ce sera une guerre de cent jours. Les uns écument les routes, d’autres ratissent les ondes tandis que l’Anglois, dé-livré (£££), n’a pas payé la rançon et déserté la terre européenne, comme à l’accoutumée.

Les preux écuyers viennent défendre leurs prétendants au trône. De Bourgogne, Normandie, de Bretagne, de Champagne, de Nice ou de …l’Intérieur, les chevaliers non teutoniques mais tétant aux mamelles de la bonne mère patrie, se querellent pour un mot malheureux, un sale-à–malec, sac à malices, disons un sarcasme tisonnant dans l’âtre. Et le feu de la haine simulée est stimulé par les disciples d’ENA, de Polytechnie ou des Pontifes déchaussés, nos grands prêtres laïques et suppôts du savoir.

Le président sortant (et peut être rentrant) se recueille à Domrémy pour célébrer l’anniversaire de la Pucelle tandis que les autres prétendants, parfaites ex-vierges effarouchées ou chevaux de retour aux naseaux écumants enragés par tant d’audace, crient « au loup » à l’unisson. Mais Nicolas dans l’entre-deux, détenteur de la chose publique, n’est pas le seul pèlerin, qu’on se le dise ! Le mythe de Jehanne est un gâteau juteux et bien tentant surtout quand il permet d’exacerber le sentiment communautaire et de symboliser le repli dans le sein chéri maternel. Regroupons-nous et demain…

Des loups, il y en a partout et beaucoup en Lorraine en ce 6 Janvier 1412. Le royaume de France est exsangue et réduit à la portion qu’on gruge (je sais : on dit congrue!). L’Anglois et le Bourguignon s’empoignent le goulot avec les Armagnacs. C’est la guerre de cent ans. Les routiers et les égorgeurs de tout bord attaquent les paysans et pillent les églises. En ces temps de meurtres, de complots et de ruines, la France semble abandonnée de Dieu et les Français sont comme des veaux allant à l’abattoir. Voire ! car en ce jour de frimas, à Domrémy, naît la paysanne qui va sauver la France, pas encore mère des armes, des arts et des lois chantée par le poète Du Bellay.

« Va, Jeanne, va, je crois en toi. Va et advienne que pourra » Robert de Baudricourt se serait adressé à la Pucelle-guerrière en 1429 ! Prémonitoire.

Va-t-on encore demander à la pucelle fileuse de laine de repérer entre tous celui ou celle qui conduira la mère–patrie au milieu de cette basse-cour piaillante et à l’haleine quelque peu nauséabonde qui croque sur le dos des manants en compagnie des prêteurs sur gage, triplant leurs cotations et leurs bénéfices ?

Voilà pour l’affaire Jehanne d’Arc qui s’est renouvelé de siècle en siècle avec une fièvre « arcienne » aux moments où les hommes et femmes politiques recherchaient des parangons de vertu de Jaurès à Mitterrand en passant par Pétain, De Gaulle, Royal et Le Pen jusqu’à ses nouveaux prétendants au royaume de France qui, de nos jours, requièrent la caution de la Pucelle, de la Gauche à la Droite, afin de gratouiller les archétypes inconscients des électeurs.

Ce jour du 6 janvier, avec ce billet d’humeur et d’actualité, j’inaugure la première page de : « Jeanne m’a brûler. Psychanalyse (du mythe) de Jehanne d’arc . Ainsi je revendique la paternité du titre de cette série de chapitres qui seront rassemblés dans un ouvrage que je compte publier, in fine. Assurément, Jehanne et son mythe vont me faire bûcher !

Je vais tenter de démontrer que la pucelle, à travers le temps et le mythe, est l’incarnation du repli communautaire et de la renarcissisation d’une élite et d’un peuple.

Guy Lesoeurs

Psychanalyste

Jehanne. Collage de GLartis, 2012

Jehanne. Collage de GLartis, 2012

Cadenas d’amour…

Jeudi 24 novembre 2011


Lovelock sur le Pont des Arts

Se promener dans Paris , dans la douceur de cet automne… si tendre et si propice à la poésie du coeur.

Arrêt sur le Pont des Arts et les cadenas d’amour ou lovelocks…

Des cœurs gravés sur l’écorce des arbres, percés de la flèche de Cupidon quoi de plus désuet dans la tradition amoureuse ! Il ya mieux et en tout cas beaucoup plus kitch. Le lovelock ou cadenas d’amour qui fait le tour du monde.

Le nouveau rite amoureux du cadenas (lovelock) est bien parti que ce soit à Moscou, à Paris ou à Rome. Un documentaire (A love Lockumentary) va lui être consacré.

Un simple cadenas gravé ou peint que le couple accroche à un grillage du Pont des Arts pour enfermer et cadenasser sa promesse d’amour éternel. Pourquoi un  pont ? Pour jeter la clé dans le fleuve afin de ne plus revenir sur sa promesse. Il se peut aussi que l’un et l’autre emporte la clé. Jusqu’au jour de la déliaison improbable où l’un des deux protagonistes, le cœur gros, viendra ouvrir le cadenas, se libérer du lien et jeter dans la Seine, le Tibre ou la Moscova le sceau romantique devenu inutile.

Allez, sortez de votre bulle, extériorisez votre amour  ! Allez sur le Pont des Arts qui est ceinturé par les cadenas de chaque côté du parapet. Cadenas simple ou sophistiqué, cadenas de vélo, cadenas à combinaison, Noémie/Jacques juin 2001 etc. Des familles entières se retrouvent en chapelet. Des grappes multiples et multicolores de cadenas comme autant d’arbres métalliques sur le pont Luzhkov à Moscou

Naturellement il ne manque rien pas même les malfaisants, ceux qui en pince-monseigneur et avec d’autres ustensiles coupants viennent  cisailler et détruire ces petites marques innocentes d’amour pur qui ne font de mal à personne…qu’à eux.

Il faut qu’un amour soit ouvert avant d’être fermé dans son univers. Le syndrome du cadenas est un locked syndrome en ce sens qu’il refoule dans l’anneau d’acier la peur du vide, la peur de la perte et du manque et qu’il crée un non-retour enchaînant à la grille du pont la promesse d’amour unique et éternel. Double enchaînement des  coeurs puis du sceau métallique agrippé au pont entre deux rives avec le fleuve du temps qui coule. « Et mes amours, faut-il qu’il m’en souvienne, sous le Pont Mirabeau coule la Seine…

Si par hasard su’l Pont des Arts… les amoureux qui se bécotent sur les banc publics, un pt’it coin de Paradis… merci Georges Brassens pour ta petite fleur bleue, merci Jacques Dutronc (il est cinq heures, Paris s’éveille) qui nous sauve du béton et de l’aride regard des jean foutre qui ne respectent rien, pas même les fleurs mises en hommage à Lady Di au Pont de l’Alma… voir mon ouvrage sur www.teraedre.fr/product.php?id_product=43

A suivre  cra ce n’est pas fini.